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De l’empire romain au modernisme



Juillet 2008


Circuit « de la Rome antique au modernisme » à travers Terrassa, Tarragone, Reus et la Colonie Güell

durée : 3 journées

Ce circuit découverte qui se déroule à partir de la frontière franco-espagnole du Perthus, ambitionne en trois belles journées, de faire le grand écart de l'empereur Hadrien au génial architecte Antoni Gaudi. Tarragone est un musée à ciel ouvert et permet une plongée intime au cœur de l"Empire Romain cependant que Terrassa et Reus se révèlent comme les berceaux du modernisme et de l’Art Nouveau qui accomplira son épanouissement à Barcelone. Terrassa se double d’un beau patrimoine pré-roman et roman avec un ensemble exceptionnel de trois églises. Enfin, sur le chemin du retour, une étape à la colonie Güell permet d’apprécier la mise en œuvre d’un concept social et de découvrir la « maquette » de ce qui allait devenir la Sagrada Familia.
En 3 jours, on ne peut tout voir, certains édifices sont fermés, des horaires sont incompatibles, la visite, guidée est dans une autre langue, bref au terme de ces 3 journées on se propose de retourner sur le terrain dés que possible pour combler ces manques. Voici donc une première approche, partielle et incomplète comme il se doit ou comme il se peut.

En route

Au départ du Perthus, on suit l’autoroute A7 E15 pour passer à proximité de Figueras puis de Girona, en direction de Barcelona. Arrivant aux abords de la capitale catalane, on prend les directions Tarragona/Manresa. A l’échangeur 10, on prend à droite la direction Terrassa/Manresa par la C58 puis la direction Terrassa centre. A ce moment précis, on peut se demander ce qu’est l’on est venu chercher dans cet environnement proto-industriel. Il faut donc persévérer et ne pas se fier aux apparences. On rentre dans Terrassa par le sud et l’on remonte la Rambla d’Egara (attention, gros travaux d’aménagement en cours avec le métro) pour garer son véhicule au parking souterrain proche de la Place Clavé (ou en tout autre endroit de sa convenance).

Terrassa

Ville improbable, incrustée au cœur de la mégapole barcelonaise, Terrassa se mérite à plus d’un titre mais récompense son visiteur par un patrimoine remarquable qui s’étend des V° au XX° siècles. On découvrira donc à Terrassa le site des 3 églises St Père, St Miguel et Sta Maria et bien sûr la ville moderne et industrielle riche et prospère qui permettra l’éclosion du modernisme dans l’architecture.

à pied



Du parking de la Place de Clavé (il faut bien un point de repère), on remonte le Portal de Sant Roc qui mène, par la Carrer Major à la Placa Viella où se trouve le Musée de la ville de Terrassa. De la Pace, on emprunte la Carrer Cremat puis l’on tourne à gauche dans la Carrer de Joan Corominas. Là se trouve le beau bâtiment de la Societat General d’Electricitat (1908) réalisation de l’architecte Lluis Muncunill i Parellada, responsable de plus de la moitié des constructions s’inscrivant dans le mouvement moderniste à Terrassa.
On reprend notre promenade par la Carrer d’Iscle Soler pour reprendre la Ramble d’Egara et arriver à l’impressionnant ensemble de 3 bâtiments rayonnants, composant le marché, « Mercat  de l’Independencia ». Construit entre 1903 et 1906 par Antoni Pascual i Carretero et Melcior Vinals i Munoz, cet ensemble présente l’originalité de se déployer sur 3 ailes articulées à partir d’un noyau central. Bien restauré, ce marché couvert a conservé sa vocation première et fait montre d’une belle vitalité commerciale.
Du marché, par la Carrer de la Goleta et le Raval de Montserat, on rejoint l’Ajuntament de Terrassa, l’Hôtel de Ville (1900-1902), édifié par Lluis Muncunill et Antoni Pascual. Bel édifice d’inspiration néo-classique, on y trouve l’office Tourisme, accueillant et bien documenté. De là on franchit la Placa de la Font Trobada où l’on ne manquera pas de s’intéresser au Magatzem Cortès i Prat (1897 architecte Joan Carpinell) puis l’on s’engage dans la Carrer de Sant Père jusqu’à la Placa de Saragossa où l’on verra le Magatzem Torras (1914 architecte Vinals) et le Magatzem Joaquim Alegre (1904 archtecte Muncunill).
Alors qu’on s’engage dans la Carrer Nou, sur la droite, en grosse restauration, le Teatre Principal dont seule subsiste la façade(1911 architectes Cata/Guardia).
On reprend la Carrer Nou puis la Carrer de la Creu après franchissement d’une grande place carrée pour aboutir au pont qui franchit le torrent de « les Bruixes ». Nous voici arrivés au remarquable ensemble d’églises qui ont pour noms Santa Maria, Sant Miquel et Sant Père, édifiées entre le IX° et le XII° siècles.
(Détailler les églises)
De fait, ce haut lieu affirme son origine dés le V°siècle, à travers les structures des premiers édifices de l’évêché wisigoth d’Egara (V°au VIII°siècles).
On quitte réjoui cet ensemble bien restauré pour retourner vers le centre-ville par le chemin aller. Arrivé Place de Saragossa, on va tout droit pour prendre la Carrer de la Rasa qui nous mène Placa Dido, à la Quadra de la Fabrica Izard (1921 architecte Muncunill), ancien bâtiment industriel de teinturerie, bel exemple de l’adaptation de l’architecture moderniste à des des locaux industriels. Continuons tout droit jusqu’à franchir la Rambla d’Egara pour prendre, face à soi, la Carrer de Volta et arriver à ce lieu unique qu’est la Masia Freixa, édifice qui justifie à lui seul le déplacement à Terrassa (1905-1910 architecte Muncunill)
Construite dés 1896, la Masia Freixa est à l'origine une usine textile. L'architecte en reprendra la conception et l'aménagement entre 1907 et 1910 pour en faire la demeure familiale de Josep Freixa. Plus tard, l'édifice devenu propriété de la municipalité, abritera le conservatoire de musique. Aujourd'hui, ouvert au public, le bâtiment héberge des services municipaux dont ceux du tourisme. Le personnel, aimable et très accueillant, laisse le visiteur déambuler à   sa guise dans cette étonnante construction.
De là, on peut rejoindre le parking par la Rambla d’Egara puis reprendre la route vers Tarragona.


Liaison vers Tarragona

Pour se rendre de Terrassa à Tarragona, on prend l’autoroute E9 qui se raccorde sur l’AP7 en direction de Villafranca de Penedes. On laisse, 13 km plus loin l’E90 qui rallie Lleida pour rester, en suivant la côte, sur l’AP7 qui amène directement à Tarragona.

Tarragona

Découvrir Tarragona, c’est aller à la rencontre d’une sorte de première capitale de l’Espagne puisque les romains l’avaient nommée capitale de l’hispanie citérienne qui, à peu de choses, recouvrait l’Espagne d’aujourd’hui, la pointe sud mise à part. Précédant les romains, dés le III° siècle av. J-C, les carthaginois ne s’y étaient pas trompés en faisant déjà de ce qui allait devenir la Tarraco romaine, une puissante base avancée qui allait tenir toute sa place dans les guerres puniques. Le site qu’ils occupèrent alors était celui d’une antique cité ibérique appelée Cesse.
Ville au combien historique donc à laquelle les romains accorderont puissance et notoriété. En effet, les empereurs Auguste, César et Particulièrement Hadrien y séjourneront fréquemment, marquant là l’importance qu’ils accordaient à la cité.



Passé le temps du rayonnement et de la splendeur romaine, le ciel se couvrira sur Tarraco qui aura à subir du III° au V° siècle, les invasions successives des Francs, des Germains puis des Wisigoths qui s’attacheront, comme il se doit, à raser la ville.S’en suit la conquête arabe en 714 puis la ville commencera à refaire surface, une fois la reconquista bien établie au XII° siècle avec la restauration de l’ancien archevêché.
La ville s’acheminera alors, bon an mal an, sans véritablement beaucoup d’éclat jusqu’au XIX° siècle qui verra enfin Tarragone s’éveiller et profiter de l’avènement de l’ère industrielle. La ville sera toutefois à nouveau durement éprouvée pendant les guerres carlistes au début du XIX) et surtout pendant la guerre d’Espagne (1936-1939).


Où loger à Tarragona ?

Curieusement, cette ville au fort potentiel touristique a une ressource hôtelière peu développée, arguant du fait que l’offre se trouve concentrée sur le littoral tout proche ; voilà qui ne favorise pas le tourisme résidentiel… Pour notre part, une valeur sûre reste l’Imperial Tarraco, pour son emplacement et sa vue plus que pour son esthétique. En tout cas, un lifting intérieur comme extérieur serait le bienvenu. En choisissant une chambre avec vue sur mer, on profite d’une vue incomparable sur l’amphithéâtre.
Enfin, positionné au bout de la Rambla Vella, on est au cœur de la ville antique, donc une base idéale pour sillonner la ville.


Promenades dans Tarragona

Partant de l’hôtel Imperial Tarraco, on se rendra, depuis le rond-point et en remontant brièvement le passeig de Sant Antoni puis la Placa del Rei au Musée National d’Archéologie de Tarragona. Plus ancien musée archélogique de Catalogne, il fut fondée pendant la première moitié du XIX° siècle pour rejoindre son emplacement actuel en 1960. Au fil des ans, il est devenu le conservatoire de la période de la romanisation de la péninsule ibérique.
On prendra soin de regarder la vidéo fort bien faite, diffusée au sous-sol et qui permet à travers un échange épistolaire avec l’empereur Hadrien de bien rentrer dans l’histoire.
Du musée lui-même, s’il présente des collections de premier choix, dont de merveilleuses mosaïques et en particulier celle de la Méduse, on regrettera une muséographie peu attractive avec une faible mise en valeur d’œuvres pourtant de très grande qualité ; trop d’alignement monotone dont a perdu l’habitude.
Sortant du MNAT, on retraverse la placa del Rei pour aller à l’ancien prétoire romain (I°siècle) Forum Provincial ou Château du Roi, transformé en musée et qui accueille, entre autre, le sarcophage d’Hippolyte (III°siècle av J-C). Cet édifice permet également en montant sur la terrasse supérieure, de découvrir Tarragona dans son ensemble.  De ce même bâtiment, on peut rejoindre par les sous-sols, les tunnels voûtés qui donnaient l’accès direct au cirque mitoyen. Nos pas nous mènent donc en surface sur les ruines des gradins de la partie est de l’ancien cirque, le reste dormant sous les maisons avoisinantes. L’état de conservation et de préservation de ce morceau de cirque laisse à désirer et une fois encore le doute est permis sur l’attribution du « prestigieux » label Patrimoine Mondial de l’Unesco…
On revient sur ses pas, toujours par la Placa del Rei pour remonter la Carrer Santa Anna (on traverse l’ancien quartier juif) et aller vers les ruines rares mais évocatrices du Forum romain, sur la place du même nom. Il faut laisser son imagination recréer l’atmosphère animée qui devait régner en ce lieu qui vit s’y dérouler tous les grands moments de la vie quotidienne de l’Antique Tarraco.



Changement d’époque pour maintenant rejoindre l’ensemble Cathédral par la Carrer Merceria qui nous amène, en passant devant de belles arches gothiques, au pied de l’escalier de la cathédrale dédiée à la Vierge. A proximité, dans la cour du bâtiment des archives de l’archidiocèse, il faut rentrer par le porche qui dessert deux belles cours ; celle de   gauche présente la particularité d’accueillir l’étonnante petite chapelle Sant Pau (XIII°), littéralement enkystée dans l’édifice actuel.
Revenons à la cathédrale, élevée, comme souvent, sur l’emplacement d’un temple romain (ici Jupiter) dés 1174, et qui dut attendre 1334 pour sa consécration. La façade dont les tours sont restées inachevées est à la fois romane (parties latérales) et gothique (rosace centrale).
Le thème du jugement dernier est remarquablement traité sur le tympan cependant qu’apôtres et prophètes décorent les ébrasements dans des postures assez rigides.
A l’intérieur, beau retable dans la deuxième chapelle de gauche mais c’est bien sûr le grand retable de Saint Thècle qui capte l’attention en occupant pratiquement tout l’espace de l’abside centrale. Réalisé en 1430 par l’artiste Père Joan c’est une œuvre riche et complexe qui mérite toute notre attention. On passe maintenant à l’extérieur pour profiter de la fraîcheur du beau cloître, de vastes dimensions. Beaux chapiteaux décorés de scènes tirées de la Bible mais aussi de la vie courante comme celui de la procession des rats…
On quitte la cathédrale par le nord et la carrer Sant Pau pour filer par la carrer Desalcos vers la Placa de Sant Antoni et la porte du même nom. De là, en restant à l’intérieur de la ville on descend la carrer Granada pour aller goûter un peu de la vie quotidienne à Tarragona au musée de la Casa Canals. Vieille résidence noble de la ville, elle existe dés le XII° siècle et raconte, à sa manière, six siècles de la vie bourgeoise de la cité.
Sortant du musée, on descend la Carrer Granada pour aller Place del Rei, puis, à droite la Carrer Nau qui se raccorde sur la Carrer dels Cavallers qui était la principale artère de la ville au moyen-âge. Là, dans cette rue étroite, qui abrite quelques beaux édifices est érigée la Casa Castellarnau, beau témoignage de ce qu’était une résidence noble tarragonaise entre le XV° et le XVIII° siècles. Ce palais qui accueillit  de manière temporaire Charles Quint lors de ses séjours à Tarragona connut différents propriétaires jusqu’en 1764, date de son acquisition par Charles de Castellarnau qui avec son épouse en firent un petit palais représentatif des goûts de l’époque.
Poursuivons le chemin jusqu'à la petite Placa del Pallol, endroit calme et agréable. Là, dans un bel entrepôt romain, bien restauré, se trouve la maquette de la Tarraco romaine, telle qu’au II° siècle ap.J.C. Tout ce que l’on a vu précédemment prend place et c’est un jeu que parcourir fictivement les rues de Tarraco à l’aide de cette grande et belle maquette. Pour passer de l’imaginaire à la réalité, il n’y a qu’un pas à franchir puisqu’au sortir de ce bâtiment on donne sur la Portal del Roser qui donne directement accès au Passeig Arqueologic qui permet de découvrir dans les meilleures conditions ce qu’il reste des murailles romaines qui entouraient l’antique cité. L’ensemble est bien sûr hétérogène  car des constructeurs successifs se sont appuyés sur les travaux de la Rome antique, mais l’ensemble est probant avec en particulier la tour de Minerve proche de la réalisation initiale et décorée de reliefs sculptés. Cette belle promenade nous fait ressortir au nord de la ville et il suffit de se laisser redescendre par le Passeig de sant Antoni pour terminer par la visite de l’amphithéâtre.
Primitivement bâti hors de l’enceinte, il domine la mer et présente un bon état de conservation, Construite en son centre là où furent suppliciés de nombreux chrétiens, il subsiste des ruines significatives d’une église romane, Santa Maria del miracle.


Promenades en ville et vers le port

On ne saurait séjourner à Tarrargona sans descendre, en flânant la Rambla Nova, artère commerçante d’une grande largeur agrémentée de quelques monuments intéressants, proches du modernisme ; on s’intéressera à la Casa Salas, au Collège des Thérésiennes, au théatre Metropol et surtout, à peu de distance de la Rambla, au Mercat Central qui donne sur la Placa Corsini. Actuellement en restauration c’est un très bel exemple de l’architecture moderniste à la construction de bâtiments publics. A deux rues de là, par la Carrer Soler, on arrive aux ruines du Forum romain malheureusement très fragmentaires et assez mal mises en valeur.
Una autre promenade peut vous emmener vers le port, vaste et bien aménagé et qui a vu la restauration d’éléments caractéristiques et historiques, telles les anciennes grues  cependant que les anciens bâtiments de stockages accueillent aujourd’hui expositions ou évènements culturels. On poussera jusqu’au Moll de Pescadors, quartier pittoresque avec de nombreux restaurants de poissons.



Vers Reus

Avant-dernière étape de ce périple, à 15 km de Tarragona, Reus, ville de presque 100 000 habitants se manifeste par un  dynamisme commercial époustouflant et un bel élan culturel. Elle se veut une sorte de berceau du modernisme et affirme cette revendication par un édifice récent consacré à Antoni Gaudi, natif de la cité, qui y accomplit ses toutes premières armes. Il eut comme exemple le travail réalisé par celui qui dés la fin du XIX° fit bouger les comportements architecturaux, à savoir Domenech i Montaner.


Promenade moderniste dans Reus



Immeuble emblématique du génie créatif de Domenech i Montaner, la Casa Navas, érigée en 1901 fait l’angle de la Plaça Mercadal et exprime parfaitement cette synthèse voulue de tendances hétérogènes, véritable foisonnement visuel parfois déconcertant mais toujours cohérent !
Sur cette place centrale du Mercadal où est implantée la Casa Navas a donc été ouvert récemment le Centre Gaudi, lieu pluriculturel qui sert de lien et d’articulation à l’ensemble de l’offre architecturale moderniste répartie au long des rues de Reus. Le Centre Gaudi se veut aussi lieu d’interprétation permettant au public de comprendre la dimension créatrice et novatrice de l’architecte Antoni Gaudi, qui naquit à Reus en 1852.
Différents espaces, répartis sur 3 niveaux permettent d’entrer en connivence avec la complexité de l’œuvre du maître (visite guidée). Suivons donc le circuit proposé et commençons par la Casa Navas. Avec ses airs de faux palais vénitien c’est la plus belle entrée en matière qui se puisse imaginer ; l’œil se perd dans le foisonnement de détails qui sont autant d’invitation à la rêverie et à l’imaginaire… de l’autre côté de la place, la Casa Pinol, œuvre de Pere Caselles i Tarrats, date de 1910. on finit le tour de la place en repassant devant le Centre gaudi et l’on tourne au coin, à droite pour suivre la très commerçante rue Monterols. A droite, la Casa Laguna, également due au talent de Pere caselles, fut édifiée en 1908. Une observation, la relative étroitesse des rues ne permet pas toujours d’avoir le recul nécessaire pour apprécier pleinement l’architecture des façades.
On arrive à la vaste Plaça de  Prim, ornée de la statue équestre du Général Prim (1814-1870), héros local ayant participé aux guerres carlistes. Sur cette même Place, on peut voir le Théâtre Fortuny à l’aspect néo-baroque affirmé, construit en 1882. de la place, on    prend, à droite, la Raval santa Anna ; à l’extrémité de celle-ci, deux immeubles, la Casa Serra (archi. Joan Rubio i Bellver 1924) et la Casa Marco (archi. Pere Domenech i Roura 1926).
On revient sur ses pas  pour remonter la Carrer de Llovera où l’on verra successivement, à gauche, la Casa Bartoli  et le magasin Joffre (archi. José Lubietas 1903) puis sur la droite, la Casa Querol (archi. Pere Caselles1901) suivie de la Casa Tomas Jordi (archi. Pere caselles 1909) puis de la Casa Punyed (archi. Pere Caselles 1900). On tourne à gauche, au bout, pour s’engager dans l’avenue Prat de la Riba. A droite la Casa Sarda (archi. Pere Caselles 1896) puis, côté gauche, avant d’arriver au Passeig de Sunnyer, l’étonnante école Prat de la Riba (archi. Pere Caselles 1911).



On fait demi-tour et l’on tourne à droite pour longer le marché central. Au bout, à gauche, l’intéressante Casa Gasull (archi. Luis Domenech i Montaner 1911) fait l’angle avec la carrer Sant Joan. Suivent, dans cet axe, côté gauche, la belle Casa Rull (archi. Luis Domenech i Montaner 1900), puis à droite, le beaucoup moins évident Centre Antituberculeux, difficile à apprécier (archi. Joan Rubio i Bellver 1926). Toujours à droite, un peu plus loin, la Casa Grau (archi. Pere caselles 1910) et en face la Casa Sagarra (archi. Pere Caselles 1908). On tourne maintenant à droite dans la Raval de Jesus pour aller jusqu’à la Casa Munné (archi. Pere Caselles 1904). C’est là que l’on tourne à gauche  pour revenir vers la Plaça Mercadal avec à gauche la Casa Iglesias (archi. Pere Caselles 1908) qui précède de peu la Casa Navas, début de ce périple urbain et ô combien moderniste. On voit que les deux architectes majeurs de cette période, à Reus, furent Lluis Domenech i Montaner et Pere Caselles i Tarrats.
On le constate, Reus est riche en ressources et propose des circuits organisés qui permettent la visite de l’intérieur de certaines maisons. Il en va de même du célèbre Institut Pere Mata, réalisé par Lluis Domenech i Montaner en 1896. Après c’est une question d’opportunité et de chance pour tomber sur des horaires qui conviennent et dans la langue souhaitée… ce qui ne fut pas mon cas dans ce rapide séjour à Reus.

Encore une excellente raison pour revenir à Reus et compléter l’information sur cette ville définitivement intéressante !
Le retour s’effectue vers Barcelone et ce sera l’occasion d’une dernière étape avec la découverte de la Colonia Güell, à Santa Coloma de Cervello.

Pour s’y rendre depuis Reus on rejoint l'autoroute AP7/E15  que l'on suit sur environ 80 km pour ensuite prendre l'AP2

/E90. On continue jusqu'à prendre la B23/E90
puis à la sortie 8, on suit la direction de Sant Boi de Llobregat nord ; à partir de là, suivre les indications Colonia Güell.

La Colonia Güell et l’église


Vers 1890, Eusebi Güell décide de transférer son activité industrielle textile de la banlieue barcelonaise (Sants) pour créer, sur une vaste propriété qu’il détient sur la commune de Santa Coloma de Cervello un vaste ensemble social et industriel permettant d’améliorer les conditions de vie ouvrière et, par la même occasion, d’échapper aux conflits sociaux liés à la proximité de Barcelone. C’est donc un projet à l’utopie bien mesurée, sorte de délocalisation avant l’heure qui est mis en œuvre.
La volonté sociale est cependant bien réelle et en partant d’une page blanche, Eusebi Güell va s’attacher avec le concours de nombreux architectes, à créer de toutes pièces, à proximité d’un outil industriel des plus performants, une ville ouvrière à dimension humaine, favorisant un habitat clair et salubre, l’accompagnant des équipements spirituels et culturels propres à favoriser le développement des esprits, le tout dirigé par l’entreprise. Eusebi Güell veut inscrire cette création dans le courant moderniste et va donc permettre aux architectes dont A. Gaudi, d’exprimer leurs talents. Cette aventure fera de la Colonia Güell le plus important centre de production de velours et durera jusqu’en 1945, date à laquelle la famille cède l’entreprise à d’autres industriels. La crise qui frappe le secteur amène à la fermeture du site en 1973.
Pour comprendre mieux cette passionnante aventure, il est nécessaire de commencer la visite par l’office de tourisme. Une exposition permanente retrace avec détails les grands moments de l’histoire du site. Une promenade dans le village, d’environ une demi-heure, permet de découvrir les sites et éléments architecturaux essentiels qui caractérisent les lieux et d’en comprendre la logique et l’organisation, l’ensemble étant très bien conservé.
Le chemin au retour nous emmène naturellement à l’église qui devait constituer le point d’orgue de cette réalisation.


L’église



C’est en 1898 qu’Eusebi Güell commande à Antoni Gaudi le projet de l’église pour la cité textile créée depuis 1890. Gaudi consacrera près de 10 années à l’élaboration de son projet, il est vrai, fort complexe pour en démarrer les travaux en 1908. Ce projet, unique pour l’époque prévoyait la réalisation d’une église à deux nefs superposées, couronnée de tours latérales et surmontée d’une tour lanterne culminant à 40m de hauteur. Las, en 1914, la famille Güell signifiait à Gaudi qu’elle mettait fin au financement du chantier. A ce stade, la seule nef inférieure était réalisée mais quelle nef ! même inachevée l’église est sans doute l’une des plus grandes œuvres réalisées par le génial architecte qui expérimentera en ce lieu ce qu’il appliquera ensuite à la Sagrada Familia.
Au-delà de l’esthétique éblouissante  du lieu il y a l’exploit technique avec la mise en œuvre de surfaces et de courbes absolument miraculeuses d’équilibre et de beauté. Tout concourt à donner à ce lieu une signature proche de la nature et l’usage calculé de chacun des matériaux produit un ensemble d’une exceptionnelle homogénéité.
A voir donc absolument car c’est sans doute là que Gaudi a été le plus loin dans l’intime de sa pensée, de sa conviction et de sa foi.

On quitte à regret ce lieu enchanteur pour reprendre la route de Barcelone et retourner, par le chemin aller vers notre point de départ.